2 - le PMS
2 - Le plan de maîtrise sanitaire (PMS)
2.1 - Définition⚓
Le plan de maîtrise sanitaire est un outil mis en place par les professionnels pour atteindre les objectifs de sécurité des aliments définis dans les règlements communautaires du « Paquet Hygiène ». Il décrit les mesures prises par l’établissement pour assurer l’hygiène et la sécurité sanitaire de ses productions vis-à-vis des dangers non seulement biologiques, mais aussi physiques et chimiques.
Il comprend les éléments nécessaires à la mise en place et les preuves de l’application :
des procédures fondées sur les principes de l’HACCP, en particulier les conclusions de l'analyse des dangers conduite individuellement (entreprise) ou collectivement (GBPH),
des bonnes pratiques d’hygiène ou pré-requis (plan de nettoyage et désinfection, plan de lutte contre les nuisibles, plan de formation du personnel…),
de la mise en place d’un système de traçabilité,
de la gestion des non-conformités (procédures de retrait / rappel notamment).
2.2 - Place de l’analyse microbiologique dans le plan de maîtrise sanitaire⚓
Le recours à des analyses microbiologiques est en premier lieu de la responsabilité du professionnel. Il s’agit de conduire une analyse pertinente des dangers dans le cadre du PMS, qui permet d’inclure la réalisation d’analyses microbiologiques. On parle alors d’autocontrôles, effectués à la demande et sous la responsabilité des professionnels.
L’article 4 du Reg CE 2073/2005 précise que les exploitants du secteur alimentaire procèdent, le cas échéant, à des essais fondés sur les critères microbiologiques réglementaires « lorsqu’ils valident ou vérifient le bon fonctionnement de leurs procédures fondées sur les principes HACCP ou sur les bonnes pratiques d’hygiène ».
Le plan d’autocontrôles, défini par un exploitant du secteur alimentaire, doit s’intégrer dans une démarche préventive de maîtrise de la sécurité sanitaire et de la salubrité de ses fabrications, et ne doit pas se limiter à des contrôles a posteriori sur les produits finis pour s’assurer du respect des critères réglementaires du Reg CE 2073/2005. Des critères complémentaires pour d’autres micro-organismes, ou des limites critiques de CCP4, sont souvent nécessaires pour prendre en compte, dans un contexte particulier, tous les facteurs permettant la maîtrise de l’hygiène des aliments aux différentes étapes de la chaîne alimentaire. Les guides de bonnes pratiques d’hygiène et d’application des principes HACCP (GBPH) élaborés par les fédérations professionnelles, prévus par le Reg CE 852/2004, incluent des données qui peuvent être utilisées par les exploitants du secteur concerné. Dans l’attente de la validation et de la publication des GBPH, l’AFSSA a été saisie, le 12 juillet 2006, le 1er juin 2007 puis le 12 novembre 2008, sur le dossier relatif à des références applicables aux denrées alimentaires en tant que critères indicateurs d’hygiène des procédés, en complément de ceux figurant dans le Reg CE 2073/2005. Des documents de référence concernant les flores microbiennes utilisables en tant qu’indicateurs d’hygiène des procédés sont disponibles dans l’avis de l’AFSSA publié le 18 janvier 2007 sous la référence « saisine n°2006-SA-0215 ». Deux avis successifs concernant les références applicables aux denrées alimentaires en tant que critères indicateurs d'hygiène des procédés ont par ailleurs été publiés le 13 mars 2008 (référence « saisine n°2007-SA-0174 ») puis le 10 avril 2009 (référence « saisine n°2008-SA-0359 ». Dans son avis du 13 mars 2008, dans un souci d’harmonisation et de simplification, l’AFSSA avait suggéré de regrouper les critères microbiologiques proposés par différentes fédérations professionnelles pour certaines catégories de produits voisines dans une catégorie unique (exemples : plats cuisinés, produits de charcuterie cuits, sandwiches, pâtisseries et desserts). Au cours d’une réunion organisée en juillet 2008, regroupant les professionnels, l’AFSSA et la DGAL, les représentants des fédérations professionnelles ont souligné le fait que ce regroupement ne tenait pas compte des spécificités de chacun des secteurs concernés. S’agissant de critères indicateurs d’hygiène des procédés destinés à évaluer les conditions de préparation, notamment les bonnes pratiques d’hygiène (BPH) et les procédures fondées sur les principes HACCP, il est cohérent que les fédérations proposent des critères différents, définis en tenant compte de leur propre fonctionnement. Il a en conséquence été décidé que chaque filière professionnelle pouvait conserver les propositions établies selon ses spécificités, à condition de tenir compte des principes de base retenus dans l’avis de l’AFSSA, à savoir :
Afin que tous les acteurs concernés (professionnels, administrations DGAL & DGCCRF, laboratoires) puissent disposer des mêmes bases dans le cadre de l’élaboration et de la vérification des plans de maîtrise sanitaire, et dans l’attente de la publication des GBPH validés qui devront détailler les critères d’hygiène retenus, les tableaux récapitulant les critères proposés à ce jour par les organisations professionnelles ont été mis en ligne sur le site du Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Ils peuvent être consultés à l’adresse suivante : - http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/alimentation/securite-sanitaire/criteres. En parallèle, afin d’aider les professionnels dans l’établissement raisonné de critères d’hygiène des procédés, l’AFSSA s’est auto-saisie pour élaborer des « recommandations pour l’élaboration de critères microbiologiques d’hygiène des procédés » (rapport publié le 14 novembre 2008) qui peuvent être utilisées par les fédérations, syndicats et interprofessions dans leur réflexion pour parvenir à des critères microbiologiques répondant de façon convaincante à l’esprit du « Paquet Hygiène ». Les guides de bonnes pratiques et d’application des principes HACCP pourraient alors être mis à jour en tenant compte de ces travaux. |
2.3 - La flexibilité⚓
Le Reg CE 2073/2005 laisse la latitude aux professionnels, dans le cadre de leur plan de maîtrise sanitaire, de définir des procédures d’échantillonnage ou des méthodes d’essai différentes de celles fixées dans le règlement, et, dans le cas des critères d’hygiène des procédés, de choisir d’autres micro-organismes et limites. L’exploitant doit néanmoins être en mesure de démontrer, à la satisfaction de l’autorité compétente, que les procédures mises en œuvre fournissent des garanties au moins équivalentes à celles prévues par les critères réglementaires.
Cette notion de flexibilité est retrouvée en différents points du règlement « critères microbiologiques », répertoriés en annexe II. Des notes de service sectorielles peuvent préciser les modalités de mise en œuvre de cette flexibilité.
Conseil :
4 Dans la majorité des cas, les analyses microbiologiques conventionnelles ne sont pas des mesures de maîtrise pertinentes pour assurer la surveillance des CCP et/ou des PRPo (programmes prérequis opérationnels). En effet, sauf si des méthodes rapides sont utilisées, compte tenu des délais d’obtention des résultats, la mise en œuvre d’actions correctives en cas de dépassement des valeurs cibles ou des limites critiques ne peut être réalisée de façon suffisamment précoce. Les paramètres, notamment visuels ou physico-chimiques, permettant une surveillance « en ligne », doivent dans la mesure du possible être préférés pour permettre une action de maîtrise, si possible préventive, du danger concerné.